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Comment ouvrir un restaurant en 2026 : nos conseils d'expert comptable

Comment ouvrir un restaurant en 2026 : nos conseils d'expert comptable

Ce guide vous donne le cadre complet pour créer un restaurant, de l'étude de marché à l'enregistrement commercial, en passant par les obligations légales, les règles métier et votre relation client, avec le regard de nos experts-comptables spécialisés pour les restaurants qui accompagnent ce secteur depuis 2001.

Tout ce qu'il faut retenir sur comment ouvrir un restaurant

Ouvrir un restaurant demande de valider son concept, trouver un local adapté, choisir une forme juridique, obtenir le permis d'exploitation et suivre la formation HACCP obligatoire de 14 heures minimum, puis immatriculer son entreprise. Chaque étape conditionne la suivante. Le montage juridique et fiscal décidé dès le départ détermine ce que le dirigeant pourra se verser et sa capacité à satisfaire ses besoins financiers.

  • La formation HACCP est obligatoire à hauteur de 14 heures minimum pour tout exploitant de restaurant (Légifrance, 2026).
  • L'ACRE permet une exonération partielle des cotisations sociales la première année pour les créateurs et repreneurs d'entreprise.
  • Le choix entre SAS, SARL et EURL conditionne directement votre rémunération nette et vos cotisations sociales en tant que dirigeant restaurateur.
  • Sur les plus de 300 restaurants accompagnés par nos experts, 87 % ont amélioré leur marge ou réduit leurs coûts après la mise en place d'un reporting mensuel.
  • Le food cost et la structure de trésorerie se calculent avant l'ouverture. C'est là que se joue le succès des premiers jours d'exploitation.
  • La CCI de votre département et Bpifrance sont des interlocuteurs clés pour préparer votre dossier de financement, obtenir les informations nécessaires sur les normes sanitaires et les équipements à prévoir.

Création ou reprise, indépendant ou franchisé : la première décision à arbitrer

Avant de penser statut juridique ou local, la première décision est de choisir entre lancer un établissement de toutes pièces, reprendre un fonds de commerce existant, ou racheter à la barre un fonds en liquidation judiciaire. Chaque voie a un ticket d'entrée et un délai d'ouverture différents, avec des règles et des démarches spécifiques. Ce n'est pas un détail administratif. C'est la décision fondatrice du projet, et elle engage votre responsabilité dès le premier jour.

Créer de zéro ou reprendre un restaurant existant

Les trois voies n'exposent pas au même risque ni au même délai.

Créer de zéro

  • Liberté totale sur le concept, l'emplacement et l'agencement de votre établissement
  • Délai plus long avant la première assiette (travaux, administratif, recrutement)
  • Absence d'historique comptable complique le dossier bancaire

Reprendre un fonds de commerce existant

  • Clientèle et équipe parfois transmissibles
  • Audit de la rentabilité réelle du fonds indispensable.
  • Prix d'acquisition lié au chiffre d'affaires passé, à vérifier minutieusement
  • La location-gérance est une variante possible pour tester l'affaire avant d'acheter

Créer en franchise

  • Concept validé, notoriété apportée par le réseau et offre marketing cohérente
  • Droits d'entrée et redevances à intégrer dans le prévisionnel dès le départ
  • Un accompagnement opérationnel du groupe franchiseur, avec des critères d'implantation précis

La reprise à la barre du tribunal : une piste sous-estimée

Quand un établissement fait l'objet d'une procédure collective et se retrouve en liquidation judiciaire, ses actifs peuvent être rachetés « à la barre » du tribunal de commerce. Le prix d'acquisition est souvent inférieur à celui d'une reprise classique. Le local peut être maintenu. L'enseigne, parfois aussi.

Ce type de reprise demande un audit en amont. Nos experts-comptables spécialisés en CHR accompagnent ce dossier spécifique. Ils analysent l'état des dettes sociales, le bail commercial et l'ensemble du fonds avant toute offre de reprise. Ils vérifient par exemple le respect des obligations légales, le nom de domaine et la présence en ligne, les contrats en cours et le registre des salariés.

Lire aussi : Business plan restaurant : structurer votre dossier avec l'œil de l'expert-comptable

Étude de marché, concept et business plan : valider l'idée avant d'engager vos ressources

L'étude de marché et le business plan ne servent pas à prédire l'avenir. Ils servent à valider que le concept est viable avant d'engager vos fonds. Trois critères de sélection suffisent pour prendre une décision éclairée avant de signer quoi que ce soit.

Avant de signer le bail commercial, vérifiez ces trois critères clés qui conditionnent votre réussite et votre nécessité de financement.

  • La zone de chalandise est cohérente avec la clientèle cible. Un restaurant gastronomique dans une zone industrielle sans clients d'entreprises le midi n'a pas le même potentiel qu'en centre-ville. Vérifiez le flux piéton, la concurrence directe, les habitudes de consommation du quartier et la composition du voisinage selon votre activité principale. La CCI de votre département peut vous aider à réaliser cette étude de zone.
  • Le concept génère une marge suffisante au regard du loyer. Un ticket moyen bas avec un loyer élevé ne passe pas dans les chiffres, quelle que soit la qualité de la cuisine et l'espace offert. C'est une condition à respecter dès le prévisionnel.
  • La trésorerie couvre au moins six périodes opérationnelles. Pas trois. Six. C'est la variable la plus souvent sous-estimée dans les projets de restauration que nous suivons. La nécessité de se préparer à une ouverture lente est une réalité que beaucoup d'entrepreneurs découvrent trop tard.

Vous préparez l'ouverture de votre restaurant ?

Confiez votre structuration financière et juridique à des experts qui connaissent les ratios du secteur et les règles métier. Nos experts restauration accompagnent plus de 300 établissements et constatent que 87 % de leurs clients améliorent leur marge après mise en place d’un reporting mensuel. Une activité de restauration dépend autant de sa gestion comptable que de la qualité de sa cuisine et de votre travail auprès de vos clients.

Choisir le local et le bail commercial : ce que les concurrents oublient de calculer

Choisir un local, c'est d'abord vérifier que le loyer est soutenable par rapport au chiffre d'affaires prévisionnel, que le bâtiment est classé ERP aux normes en vigueur, et que la marge brute que vous visez est atteignable avec votre carte et votre pratique commerciale. Ces trois critères doivent être validés avant de signer tout bail commercial pour un emplacement donné.

ERP, accessibilité PMR et norme technique

Un restaurant est un établissement recevant du public (ERP). À ce titre, le local doit satisfaire à chaque exigence réglementaire et chaque norme sanitaire avant toute ouverture au public, en accord avec les règles nationales. Un équipement non conforme peut bloquer l'ouverture, parfois pour une simple prise électrique non dimensionnée pour un usage commercial. Vérifiez chaque point avant de signer le bail.

  • Accessibilité aux personnes à mobilité réduite (normes PMR) selon la catégorie ERP
  • Ventilation et extraction conformes aux normes d'une cuisine professionnelle et matériel adapté au type de production envisagé
  • Réseau eau et électricité dimensionné pour l'usage commercial
  • Issues de secours et équipements incendie selon les prescriptions de la commission de sécurité
  • Déclaration préalable en mairie avant ouverture (selon service-public.fr)
  • Autorisation d'occupation temporaire (AOT) si vous souhaitez installer une terrasse sur la voie publique
  • Affichage obligatoire en salle (horaires, prix, allergènes) selon les normes réglementaires en vigueur

La Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) est l'organisme de contrôle pour les établissements manipulant des denrées alimentaires. Prenez contact en amont pour vérifier les spécificités sanitaires de votre local, les normes d'hygiène et de sécurité applicables à votre type de cuisine, les exigences liées à l'accueil du public et à la sécurité incendie.

Un bar, un restaurant de gastronomie ou une sandwicherie n'ont pas exactement les mêmes contraintes, même si les règles de base sont communes. Ces normes varient aussi selon les horaires d'ouverture, notamment au-delà de 22 h, et le besoin de ventilation spécifique aux cuisines professionnelles. En pratique, comptez deux à trois heures d'échanges avec la DDPP pour bien cerner vos obligations avant de signer un bail.

Le food cost se calcule avant de signer le bail

Le food cost, soit la part des matières premières dans votre chiffre d'affaires, ne se calcule pas après l'ouverture. Il se construit à partir du ticket moyen cible et de la structure de votre carte, avant même de vous engager sur un loyer.

La méthode est simple dans son principe. Partez de votre ticket moyen envisagé, estimez le coût matière de vos recettes principales (produits frais, boissons alcoolisées et non alcoolisées, matières sèches) et rapportez le tout à votre capacité d'accueil et au nombre de services prévus. Ce calcul vous dit si votre concept est viable avec ce loyer, avant de signer.

C'est une étape fondamentale de l'évaluation financière, au même titre que la recherche du bon emplacement. L'état initial du local est le premier facteur qui fait varier les investissements.

Lire aussi : Budget pour ouvrir un restaurant : les postes que les porteurs de projet sous-estiment toujours

Statut juridique et montage fiscal : la décision fondatrice que les guides généralistes bâclent

SAS, SARL ou EURL ne sont pas équivalents pour un restaurateur. Le régime social du dirigeant, la fiscalité des bénéfices et la capacité à vous verser un revenu rapidement varient de façon importante selon la structure choisie et la règle applicable. C'est pourtant la section que la quasi-totalité des guides résume en trois lignes. Or c'est là que se joue le fonctionnement réel de votre société et la charge fiscale et sociale que vous supporterez. Cette décision est nécessaire bien avant la signature du bail. Plus elle est prise tôt, plus votre prévisionnel est fiable.

TNS ou assimilé-salarié : ce que ça change concrètement en restauration

Le tableau ci-dessous compare les deux grandes familles de formes juridiques sur les critères qui comptent pour un entrepreneur restaurateur. Le nom de la structure conditionne aussi votre capacité à entreprendre dans un deuxième établissement, à ouvrir à Paris ou en province.

CritèreEURL / SARL (gérant majoritaire)SAS / SASU (président)
Régime socialTNS (travailleur non-salarié, affilié URSSAF)Assimilé-salarié (régime général)
Coût des cotisationsPlus faible (environ 40-45 % du revenu net)Plus élevé (environ 55-65 % du revenu net)
Couverture socialeProtection moindre (retraite, maladie)Meilleure couverture (retraite, prévoyance)
Fiscalité des bénéficesIS ou option IR (gérant EURL)IS par défaut
Flexibilité des dividendesLimitée pour le gérant majoritaire TNSPlus souple dans certains cas

Chaque dossier a sa configuration propre. Nos experts vous accompagnent pour modéliser les deux options sur votre situation réelle avant de choisir. Le statut d'associé influe aussi sur vos capacités bancaires ultérieures. Les critères fiscaux et sociaux varient selon que vous visez un restaurant indépendant, un groupe de plusieurs établissements ou une franchise.

Quand pourrez-vous vous verser un revenu ?

C'est la question que personne ne pose vraiment, et la première cause d'abandon prématuré dans les projets que nous suivons. La période sans revenu du dirigeant dépend de deux variables. La forme juridique choisie d'un côté, la trésorerie initiale prévue de l'autre.

Un président de SAS peut se verser une rémunération rapidement, si la trésorerie le permet et si les cotisations sociaux sont provisionnées. Un gérant majoritaire de SARL fonctionne de façon similaire, avec des cotisations provisionnelles calculées sur la base d'un revenu estimé. Notre recommandation est claire. Budgétez au moins plusieurs semaines à plusieurs mois de charges personnelles dans votre trésorerie de départ. Sous-estimer ce délai est la première cause d'abandon prématuré que nous observons.

La micro-entreprise est inadaptée au secteur. Le plafond de chiffre d'affaires est trop bas pour un établissement de restauration, et la TVA n'est pas récupérable sur les achats, ce qui pénalise le food cost dès le départ. Ce n'est pas une question de préférence. C'est une condition légale qui rend ce statut inopérant pour vendre des boissons alcoolisées en débit de boissons et pour devenir un exploitant pleinement titulaire.

Lire aussi : Faut-il un diplôme pour ouvrir un restaurant : ce que la loi impose vraiment

Obligations réglementaires pour ouvrir un restaurant : permis, HACCP, licences et déclarations

Trois obligations réglementaires bloquent toute ouverture au public d'un restaurant. Le permis d'exploitation, la formation hygiène alimentaire HACCP de 14 heures minimum, et la déclaration préalable à la Direction Départementale de la Protection des Populations si vous manipulez des denrées d'origine animale. Ces trois conditions sont non négociables, quelle que soit la forme de votre établissement ou votre statut professionnel.

Ce volet réglementaire est celui que les porteurs de projet sous-estiment le plus souvent en délai. Obtenir le permis d'exploitation, réaliser la formation HACCP et déposer les déclarations légales prend du temps. Chaque heure consacrée à ces démarches avant toute signature est une heure gagnée sur le calendrier d'ouverture. Un retard sur l'un de ces jalons peut décaler l'ouverture de plusieurs semaines, avec un impact direct sur votre trésorerie de démarrage.

Permis d'exploitation et formation HACCP

Le permis d'exploitation est obligatoire pour toute ouverture d'un débit de boissons ou d'un restaurant proposant une boisson alcoolisée à consommer sur place. Sa validité est de 10 ans. C'est un document clé qui titularise votre droit à servir des boissons alcoolisées.

  • La formation HACCP (Hazard Analysis Critical Control Points, soit l'analyse des risques et points critiques pour leur maîtrise) est distincte du permis d'exploitation. Elle est obligatoire pour tout exploitant de restaurant, avec une durée minimale de 14 heures, selon la réglementation officielle (Légifrance, 2026). Un arrêté ministériel fixe ce cadre et aucun exploitant ne peut y déroger.
  • La formation hygiène alimentaire se réalise en général en deux jours chez un organisme agréé, soit 7 heures par journée. Elle débouche sur une attestation à présenter lors de l'ouverture. Comptez 150 à 300 euros selon le prestataire et la formule choisie, en présentiel ou à distance. Cette attestation est un document clé pour votre dossier d'ouverture. Chaque aliment ou boisson alcoolisée que vous servez est couvert par cette obligation réglementaire.

Si votre restaurant fonctionne selon un horaire d'ouverture tardif au-delà de 22 h, le PVBAN (permis de vendre des boissons alcooliques la nuit) est une obligation supplémentaire. Cette formation couvre les règles spécifiques à respecter concernant la vente d'alcool en horaires tardifs et les conditions d'accueil du public. Consultez notre article sur les formations obligatoires pour ouvrir un restaurant pour le détail des dispenses et équivalences. Un stage de préparation à l'installation (SPI) peut être exigé dans certains cas selon votre parcours professionnel.

Licences alcool, déclaration mairie et affichage obligatoire

La licence débit de boissons est à distinguer selon ce que vous proposez. C'est un achat de droit auprès de la préfecture, pas une simple formalité. Le propriétaire du fonds n'est pas toujours le titulaire de la licence. Vérifiez ce point avant de racheter un fonds de commerce.

  • Licence 3 (petite licence restaurant) : boissons alcoolisées fermentées uniquement (vin, bière, cidre) à consommer sur place avec un repas.
  • Licence 4 : toutes les boissons alcoolisées à consommer sur place. Elle est délivrée par la préfecture et soumise à une réglementation stricte par zone géographique.

Une déclaration administrative préalable auprès de la mairie est obligatoire au moins 15 jours avant l'ouverture. Si vous exploitez une terrasse, une autorisation d'occupation temporaire (AOT) distincte est nécessaire. Dans certaines communes, l'affichage des prix et du menu est également obligatoire selon les règles locales. L'interdiction de fumer dans les locaux fermés s'applique à tous les restaurants depuis 2007. Si vous souhaitez diffuser de la musique ou des réseaux de musique d'ambiance dans votre salle, une déclaration auprès de la SACEM est également à prévoir.

TVA en restauration

La TVA s'applique selon des taux différents selon ce que vous vendez. D'après le Code Général des Impôts (documentation officielle BOFiP, 2026), les taux applicables aux produits et boissons servis dans un restaurant sont les suivants :

Type de venteTaux TVA
Produits alimentaires consommés sur place10 %
Boissons non alcoolisées consommées sur place10 %
Boissons alcoolisées consommées sur place20 %
Produits alimentaires à emporter non préparés5,5 %

Un alcool servi au menu du client au restaurant relève toujours du taux de 20 %, quelle que soit la formule commerciale proposée.

L'ACRE (aide à la création et à la reprise d'une entreprise) est mobilisable dès l'ouverture. Elle offre une exonération partielle des cotisations sociales la première année, selon les modalités publiées par l'URSSAF. Les conditions exactes dépendent de la forme juridique choisie et de votre situation personnelle.

Enregistrement et premiers jours d'exploitation

L'immatriculation clôt la phase administrative et ouvre la phase opérationnelle, souvent la plus exposée financièrement. La trésorerie se consomme rapidement au démarrage, avant que le chiffre d'affaires ne s'installe.

L'enregistrement au Registre du Commerce et des Sociétés via le Guichet unique clôt la phase administrative. Le vrai défi commence après. Maintenir une trésorerie positive pendant les premières semaines d'exploitation, avant d'atteindre le seuil de rentabilité de l'établissement. L'affaire ne démarre vraiment qu'une fois les premiers clients au rendez-vous, les plats au menu validés et les horaires d'ouverture stabilisés.

Enregistrement, immatriculation et formalités de création

Depuis janvier 2023, toutes les formalités de création d'entreprise passent par le Guichet unique de l'INPI. L'immatriculation au RCS prend généralement quelques jours ouvrés une fois le dossier complet constitué. Avant d'ouvrir vos portes, vérifiez que vous avez bien réalisé ces démarches administratives.

  • La souscription à une assurance responsabilité civile professionnelle et une assurance multirisque professionnelle pour vos locaux
  • La désignation d'un commissaire aux comptes si votre société dépasse les seuils légaux
  • La déclaration préalable à l'embauche (DPAE) avant chaque premier salarié, via service-public.fr
  • L'adhésion à la convention collective nationale des hôtels, cafés et restaurants (HCR, Légifrance) qui s'applique à tous vos salariés

Un investisseur en capital ou un partenaire bancaire vérifieront que ces documents sont en place et à jour. Un compte bancaire professionnel dédié à l'activité est également indispensable pour séparer les flux personnels et les flux de l'entreprise. Le site internet et la présence en ligne de votre établissement se préparent aussi à ce stade, pour que votre établissement soit visible sur Google dès la date de publication de votre fiche établissement.

Financement, trésorerie et pilotage initial

Le financement d'un restaurant repose sur plusieurs leviers. L'apport personnel, le prêt bancaire et l'ACRE forment généralement la base. Pour préparer votre dossier banque, vos besoins doivent être chiffrés poste par poste, avec un prévisionnel sur 3 ans réalisé par votre expert-comptable. Des dispositifs complémentaires viennent compléter ce socle, notamment l'ARCE, le prêt d'honneur de 3 à 50 000 € à taux zéro (Initiative France, 2026) et le financement Bpifrance. La CCI de votre région peut également orienter votre recherche de financements locaux.

Ce que nous constatons sur notre portefeuille de plus de 300 restaurants accompagnés : 94 % des établissements que nous suivons ont un reporting en place dès l'ouverture. Ce n'est pas un luxe réservé aux grandes chaînes. C'est ce qui permet de détecter une dérive de trésorerie avant qu'elle devienne irréversible. Un restaurateur qui attend le bilan annuel pour regarder ses chiffres gère à l'aveugle.

Lire aussi : Aide pour ouvrir un restaurant : le guide des financements 2026

Trois critères de pilotage à mettre en place dès les premières semaines d'exploitation conditionnent le succès de votre établissement.

  • Reporting mensuel des marges : suivre les produits alimentaires et boissons, les charges sociales et le food cost produit par produit permet d'agir avant que la dérive soit irréversible. Un bilan à 30 jours est le critère de vigilance le plus fiable. Chaque client régulier est un signal à suivre autant que les chiffres bruts.
  • Présence en ligne activée dès l'ouverture : votre fiche Google My Business, le site internet de votre restaurant et vos plateformes d'avis doivent être à jour avant d'ouvrir vos portes. Chaque information de contact et chaque produit au menu doivent y figurer immédiatement. La visibilité en ligne conditionne directement la rapidité de montée en régime de votre clientèle.
  • Transmissibilité de la réputation numérique : si vous êtes propriétaire d'un fonds de commerce avec une clientèle déjà fidélisée, vérifiez que les avis et la fiche Google sont transférables au nouveau titulaire.

Plus le reporting est précoce, plus vous avez de levier sur votre résultat. Le succès durable dépend autant de la gestion que de la qualité du service.

Quel est le délai réaliste pour ouvrir un restaurant ?

Le délai varie fortement selon la complexité du projet et l'implantation choisie. Se préparer en amont, identifier les bons interlocuteurs et anticiper les recherches administratives permet de gagner plusieurs semaines sur le calendrier. À titre indicatif, voici les grandes étapes et leur durée orientative.

ÉtapeDurée indicative
Concept, étude de marché, business plan1 à 3 mois
Recherche et négociation du local1 à 4 mois
Travaux et aménagement (selon état du local)1 à 6 mois
Démarches administratives (permis, licences, création)1 à 2 mois (en parallèle)
Recrutement et formation de l'équipe1 à 2 mois

Ces délais sont indicatifs et dépendent fortement de votre situation personnelle, de la disponibilité des artisans, de la réactivité des administrations locales et de la complexité de votre dossier. Ils peuvent se chevaucher. La location de matériel de cuisine plutôt que son achat peut dans certains cas réduire les besoins en capital et accélérer l'installation.

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CECCA répond à vos questions sur comment ouvrir un restaurant

Aucun diplôme spécifique n’est légalement obligatoire pour ouvrir un restaurant en France, mais des formations réglementaires le sont. La condition est d’obtenir le permis d’exploitation et de justifier d’une formation hygiène alimentaire HACCP de 14 heures minimum (Légifrance, 2026).

Des dispenses existent pour certains profils justifiant d’une expérience professionnelle et d’une pratique avérée dans la restauration ou dans la gestion d’un débit de boissons. Cette démarche de vérification des équivalences doit être engagée en amont, avant de déposer votre dossier.


La licence 3, aussi appelée petite licence restaurant, autorise uniquement la vente de boissons alcoolisées fermentées (vin, bière, cidre, hydromel) à consommer sur place dans le cadre d’un repas. La licence 4, quant à elle, couvre toutes les catégories de boissons alcoolisées à consommer sur place, y compris les spiritueux et les alcools forts.

La délivrance d’une licence 4 relève de la préfecture et est soumise à des contingents variables selon les zones géographiques et les règles locales. Une recherche préalable auprès de la mairie et de la préfecture est indispensable pour connaître les conditions applicables à votre commune. Dans les deux cas, le permis d’exploitation est obligatoire préalablement à l’obtention de la licence et doit être obtenu par le titulaire de l’établissement.


Une déclaration administrative préalable auprès de la mairie est obligatoire au moins 15 jours avant toute ouverture au public d’un restaurant, selon les règles municipales. Ce n’est pas une simple formalité facultative.

Si vous exploitez un espace extérieur ou une terrasse sur le domaine public, une autorisation d’occupation temporaire (AOT) distincte est requise, avec des conditions variables selon la commune et la taille de votre établissement.

Un entrepreneur qui installe une terrasse à Paris devra aussi traiter avec la mairie d’arrondissement. La DDPP peut également être sollicitée en amont pour vérifier les exigences sanitaires spécifiques à votre local.


Ouvrir un restaurant en franchise, c’est acheter le droit d’exploiter un concept validé en échange d’un droit d’entrée et de redevances périodiques (royalties) versées au franchiseur. L’avantage est d’ouvrir avec un concept testé, une enseigne reconnue, une offre marketing commune et un accompagnement opérationnel du réseau.

La contrepartie est une moindre liberté sur la carte, les fournisseurs et le positionnement tarifaire. Côté comptabilité, la gestion d’une franchise implique des spécificités propres aux structures multi-sites. Nos experts franchise accompagnent ce type de montage de la négociation du contrat jusqu’au pilotage financier de l’établissement.


L’investissement initial varie fortement selon le type d’établissement (restaurant traditionnel, restauration rapide, food truck, dark kitchen), l’état initial du local (neuf, à rénover, déjà équipé), la zone géographique et votre concept.

À Paris, le coût d’un emplacement de qualité peut représenter une part bien plus importante qu’en province, mais le ticket moyen est aussi souvent plus élevé.

Les postes à budgéter comprennent le droit au bail, les travaux et l’aménagement, le matériel et les équipements de cuisine, le fonds de roulement et les charges personnelles du dirigeant.

Notre recommandation est d’intégrer dans votre budget plusieurs périodes de charges personnelles du dirigeant et de ses salariés, en plus des charges de la structure elle-même.


Dès que plusieurs associés sont impliqués, la SARL ou la SAS sont les deux formes les plus courantes. La SAS offre plus de flexibilité dans la rédaction des statuts et la répartition des droits de vote entre associés, ce qui est utile quand les apports en capital et en industrie sont déséquilibrés.

La SARL est plus encadrée mais plus familière aux banquiers et aux partenaires institutionnels. Dans les deux cas, la rédaction des statuts et le pacte d’associés méritent un accompagnement comptable et juridique dès le départ. Nos experts vous accompagnent pour modéliser les scénarios selon votre situation et les règles fiscales applicables.

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