Skip links

Interview. Yvain Mouneu, organisateur du Startup Weekend Paris Zero Waste

Dans le cadre de la seconde édition du Startup Weekend Paris Zero Waste qui aura lieu du 1er au 3 juin 2018 (et dont CECCA est partenaire), nous avons posé quelques questions à son organisateur, Yvain Mouneu.

L’occasion d’évoquer la nécessité de voir fleurir de plus en plus des entreprises concernées par l’économie circulaire et le développement durable.

 

Comment as-tu rejoint l’aventure Startup Weekend ? 

 

J’ai commencé à m’intéresser à l’innovation et au monde des startups pendant que je finissais mes études. Peu à peu je me suis penché sur des projets entrepreneuriaux et puis j’ai participé à plusieurs Startup Weekends pour me rapprocher de la réalité entrepreneuriale. Ce milieu me fascinait et beaucoup de personnes rencontrées dans cet écosystème étaient vraiment enrichissantes. Je suis allé de plus en plus loin avec cette association comme bénévole, comme organisateur, puis comme facilitateur, et cela s’est fait assez naturellement car ce qu’il s’y passait me passionnait.

 

Quel est le but principal d’un Startup Weekend ? 

 

Un Startup Weekend est avant tout un moment court, de 54 heures, focus sur l’entrepreneuriat et l’innovation, pendant lequel beaucoup de choses se passent. Les principaux intérêts pour un participant sont :

De pouvoir y apprendre beaucoup car on y apprend en faisant, en étant un minimum cadré et accompagné par des mentors plus expérimentés. Cela permet également de rencontrer d’autres personnes avec un état d’esprit souvent similaire et intéressées par les mêmes problématiques. Et enfin, de trouver la motivation et l’aide pour se lancer et aller plus loin en tant qu’entrepreneur.

 

 

Pourquoi avoir décidé de placer le développement durable et l’économie circulaire au centre de celui que tu organises ? 

 

J’ai toujours été un amoureux de la nature, de la planète et intéressé par le développement durable, mais sans vraiment agir concrètement jusqu’à récemment. Et après une série de déclics j’ai voulu agir et être moteur du changement. J’ai commencé par adopter un mode de vie zéro déchet, et revoir mon mode de consommation il y a 1 an. En parallèle je connaissais déjà bien Startup Weekend et avais contribué à en organiser plusieurs. J’ai aussi vu le potentiel d’initiatives qui se créent aujourd’hui dans le durable / l’économie circulaire, et étais convaincu qu’il reste une grande vague de belles startups à créer dans ce renouveau.

Donc organiser un Startup Weekend sur l’économie circulaire me semblait très cohérent, un tel événement pouvait accompagner ce mouvement de transition. Je ne pensais pas que cela allait intéresser grand monde au début, mais démarrer le mouvement était surtout ce qui comptait. Petit à petit j’ai réussi à monter un embryon d’équipe puis à intéresser quelques acteurs pertinents, et on a commencé à prévoir le premier SW Zero Waste. On a vite compris que cela intéressait en fait beaucoup plus de monde que ce que je pensais. La 1ère édition a eu lieu en janvier et s’est déroulée à merveille, on organise maintenant une seconde édition début juin.

En parallèle une équipe se prépare pour organiser un autre SW sur le développement durable en septembre à Paris, le Startup Weekend Zero Carbone. J’avais aussi écrit un article pour essayer de prêcher la bonne parole et aider d’autres bénévoles à organiser d’autres Startup Weekends Zero Waste / économie circulaire ailleurs dans le monde et des projets sont déjà en cours ailleurs. J’espère profondément que cette vague continuera de croître.

 

As-tu des exemples de startups qui sont pour toi de véritables réussites dans ce domaine ? 

 

Un des plus beaux succès français en terme de startup économie circulaire est Phénix, ils mettent en relation les supermarchés et les associations pour faciliter le don de nourriture encore consommable mais que les supermarchés avaient l’habitude de jeter. Leur modèle économique est aidé par des avancées réglementaires récentes, et ils s’attaquent à un problème essentiel : celui du gaspillage alimentaire. Après avoir levé de l’ordre de 2 millions d’euros et s’être développé pendant 4 ans, ils sont maintenant rentables et sont proches de 100 salariés.

J’aime aussi beaucoup un projet nommé Vegan Bottle, ils font des bouteilles en bioplastique à base de baguasse de sucre. Le matériau se dégrade en quelques années et n’est pas toxique (une bouteille de plastique en PET classique se dégrade en 400 ans et relâche des produits toxiques), et cela reste à un coût proche d’une bouteille en PET. Un 3ème : Moulinot est une entreprise qui fait entre autres du lombri-compost à grande échelle, et c’est rentable ! On a pris l’habitude de traiter les résidus organiques comme des déchets, alors que ce sont des ressources qui, une fois compostés et traitées correctement, deviennent de l’engrais très fertile et donc une belle ressource.

Ensuite il y a beaucoup de projets très intéressants qui sont encore early stage, je pense que si tu me reposes la même question dans 3 ans, cette liste de startups avancées et réussies sera bien plus longue.

 

Pourquoi est-il nécessaire aujourd’hui dans n’importe quelle entreprise de « mieux penser et fonctionner » pour la planète et l’humain ? 

 

Même sans s’intéresser directement à la planète ou à l’environnement, penser durable c’est prévoir un avenir pour l’Homme. Notre modèle de développement récent nous a apporté beaucoup de bonnes choses mais est extrêmement fragile et n’est absolument pas durable. Ce développement va être de plus en plus instable et intenable – d’ailleurs si on parle de « développement durable », ce n’est pas anodin, un développement de civilisation qui n’est pas « durable » est donc par définition temporaire, éphémère.

Penser durable devient indispensable pour prévoir un avenir à long terme sans effondrement de la qualité de vie que l’on a pu atteindre. Soit on prend le temps de faire cette transition vers le durable de manière réfléchie, soit cette transition nous tombera violemment dessus.

 

Pourquoi avoir décidé d’être partenaire avec CECCA sur ton évènement ? 

 

J’ai connu CECCA – et plus particulièrement Julien et Jonathan du CECCALab – via Startup Weekend, et je connaissais leur grand intérêt pour l’innovation et leur volonté d’accompagner des startups dans leur développement avec une offre pertinente. Et puis j’ai appris que CECCA était de plus en plus intéressé par le développement durable, l’économie circulaire, et une politique RSE volontariste, pour être autant que possible moteur de cette transition vers le durable. Le but d’un tel événement est aussi de rassembler un maximum d’acteurs de cette transition, et dans ce contexte un partenariat avec CECCA me semblait très cohérent.

 

Sur l’événement il est écrit que  « participer à un Startup Weekend présente un risque de présenter votre démission le lundi matin pour monter votre Startup…  » . Tu n’as jamais eu envie de monter la tienne du coup ? 

 

Bien sûr et c’est prévu ! Pour l’instant j’ai déjà fait une grosse reconversion pro il y a 3 ans, monté mon entreprise pour travailler en freelance, et globalement ma vie professionnelle ressemble à une startup ! Avec des pivots, des tests, des itérations et des remises en questions. Je n’ai jamais été à l’aise dans une situation de salarié et suis beaucoup plus épanoui comme entrepreneur, ma vie actuelle me plait beaucoup et est de plus en plus riche de sens. J’aimerais continuer d’apporter ma pierre à l’édifice et dans les années à venir cela passera fort probablement par monter une entreprise dans l’économie circulaire.

 

Que pourrais-tu conseiller à une personne qui souhaite se lancer dans l’entrepreneuriat ? 

 

Lance-toi, trébuche et relève-toi, mais agis ! Essaye des choses très concrètement car tu apprendras beaucoup ainsi : c’est en faisant qu’on apprend le mieux.


Leave a comment